L’Union Syndicale des Magistrats (USM) a pris connaissance des conditions dans lesquelles s’est déroulé le procès criminel dit de la « DZ mafia » à Aix-en-Provence. Procès de la DZ Mafia : « Défendre, ce n’est pas insulter », dénonce le procureur général – Le Parisien
Des témoignages ont rapporté que les magistrats qui ont siégé dans ce procès ont subi les assauts d’une défense véritablement hors de toute mesure déontologique, au-delà même de tout ce que nous avons pu connaître par le passé en termes de défense de rupture, dans un contexte de menaces confinant à la violence, ayant nécessité un dispositif de sécurité hors normes, aussi imposant que coûteux. Sans se prononcer sur le fond du dossier, l’USM tient à exprimer son entier soutien aux collègues qui instruisent, poursuivent et jugent les dossiers de criminalité organisée, parfois sous protection policière.
Un débat judiciaire exigeant, mais respectueux : Le droit à la libre défense est un pilier fondamental de notre démocratie. Cependant, il ne saurait servir de prétexte à l’intimidation, à l’obstruction ou à l’agression de ceux qui œuvrent pour la justice. L’USM dénonce avec fermeté les comportements agressifs, déloyaux et irrespectueux d’un petit nombre d’auxiliaires de justice, qui ne sont pas admissibles dans un État de droit. Ces agissements discréditent ceux qui les pratiquent et portent atteinte à l’image de la profession tout entière.
Des principes non négociables :
L’USM rappelle que :
- La robe n’est pas un bouclier contre l’indécence : le barreau est le garant de la déontologie de la profession et les comportements de quelques-uns ne doivent pas jeter l’opprobre sur la profession.
- La protection des magistrats et des personnels judiciaires, et au-delà des dépositaires de l’autorité publique, est une priorité : nul ne doit exercer ses fonctions sous la menace ou face à la violence.
- La police de l’audience du président est une nécessité : la justice ne peut être rendue dans un climat de « guérilla judiciaire ». Sinon, c’est le risque de voir la justice se rendre selon des procédures d’exception, dans des palais bunkerisés, voire au sein d’établissements pénitentiaires ultra-sécurisés ou en distanciel.
Un appel à la responsabilité collective : Les salles d’audience doivent rester des lieux de débat serein, contradictoire, équilibré et nuancé. La criminalité organisée tente, par nature, de déstabiliser l’État et ses institutions. Il est intolérable que certains, par des comportements inacceptables, contribuent à cette déstabilisation en personnalisant et en brutalisant les débats. L’USM appelle l’ensemble des membres de la « famille judiciaire » ainsi que leurs instances représentatives à condamner sans équivoque de tels agissements. Il en va de la préservation de notre modèle judiciaire et de notre État de droit.

