Une délégation de l’USM a été reçue par le garde des Sceaux à Vendôme ce lundi 14 septembre 2026.
A l’issue d’une période estivale au cours de laquelle l’USM s’est vigoureusement opposée aux déclarations du ministre dans les médias, ou dans les organes du dialogue social comme le CSA-Ministériel, nous avons décidé de ne pas pratiquer la politique de la « chaise vide », pas plus que nous ne pratiquons la flagornerie institutionnelle.
Nous avons, en présence de son cabinet, du secrétariat général et de la DSJ, abordé ses dernières annonces, notamment budgétaires, les quelques avancées indemnitaires envisagées pour les parquets – ce qui ne répond que partiellement à nos revendications exprimées dans notre courrier du 20 mars 2026- ainsi que les perspectives de poursuite des recrutements de personnels judiciaires, dont les magistrats.
Nous sommes longuement revenus de façon franche sur les suites des affaires d’Auch et sur les mises en cause médiatiques ministérielles de magistrats du parquet ayant eu à traiter de ces dossiers. Ces dernières ont largement entamé la confiance de la profession envers le ministre malgré des actions positives, notamment en matière budgétaire ou légistique ; mais l’action ministérielle doit être appréciée comme un tout.
Le garde des Sceaux a soutenu ne pas être soumis à un quelconque agenda politique personnel. Il a affirmé n’avoir jamais envisagé un retour aux instructions individuelles dans les dossiers pénaux contrairement à ce que la presse a pu en rapporter, tout en réaffirmant à la fois son soutien à la réforme du statut du parquet et son rôle politique de chef d’administration.
Le garde des Sceaux n’a pas semblé prendre la mesure de l’immense colère des magistrats à la suite de sa stratégie de désignation de « boucs émissaires », nous précisant que « des magistrats » lui avaient adressé des soutiens écrits.
Nous avons rappelé qu’au-delà des mots nous apprécions les actes posés et les comportements de chacun.
Nous avons maintenu que, sous réserve de l’appréciation de nos instances disciplinaires, le caractère systémique des dysfonctionnements et l’insuffisance des moyens alloués à nos missions polluaient gravement, au quotidien, nos pratiques professionnelles nous mettant collectivement en danger. Pour l’USM, prétendre scinder artificiellement en les étanchéifiant ces deux aspects relève de la mauvaise foi ou de l’aveuglement.
Nous lui avons fermement rappelé que l’ensemble du corps, parquet et siège, redoutait d’avoir un jour à se justifier disciplinairement -et sous la pression médiatique- de réponses judiciaires données dans un cadre de fonctionnement dégradé affectant l’ensemble de la chaine pénale, des enquêteurs aux juridictions, ce qu’il ne pouvait ignorer.
Malgré nos profondes divergences, nous lui avons réitéré notre invitation républicaine à participer à notre congrès annuel, qui aura lieu le 2 octobre prochain à Reims, pour qu’il puisse y exposer sa conception du rôle du ministre de la Justice en 2026, dans un Etat de droit attaqué de toutes parts, et en échanger avec les congressistes.

