Un prix Nobel pour l’Etat de droit ?

18 février 2026

L’Union internationale des magistrats (UIM), dont l’Union syndicale des magistrats est membre fondateur, vient d’être proposée pour recevoir le prix Nobel de la Paix 2026. La candidature de l’UIM a été soumise par M. Even H. Eriksen, député au Parlement norvégien et premier vice-président de la commission permanente norvégienne pour la justice.

Cette candidature est l’occasion de reconnaître le rôle fondamental de l’UIM dans la défense de l’indépendance de la justice et de l’Etat de droit. L’engagement de l’UIM, depuis sa création en 1953, pour porter ces valeurs fondatrices de notre démocratie est ainsi officiellement reconnu sur la scène internationale, au-delà de la seule sphère juridique.

M. Eriksen soutient dans sa lettre de nomination que le prix Nobel de la Paix devrait être partagé entre l’UIM et la Cour internationale de Justice. Il met en avant le rôle central d’un pouvoir judiciaire indépendant au sein des démocraties pour garantir les droits humains et les libertés individuelles et ainsi contribuer à la concorde entre les citoyens. Il alerte par ailleurs sur les pressions accrues auxquelles font face les magistrats à travers le monde, souvent seuls pour lutter contre des tentatives de déstabilisation et des campagnes médiatiques virulentes visant à remettre en cause les fondements de l’Etat de droit. Vous trouverez sur le site de l’UIM l’intégralité de la lettre de nomination (ici).

Si le chemin est encore loin pour que l’UIM et la Cour internationale de Justice deviennent lauréates (le titulaire du prix 2026 sera annoncé en octobre), nous pouvons néanmoins être collectivement fiers de cette première étape. A l’heure où des magistrats et professionnels du droit continuent à payer de leur liberté leur combat pour l’indépendance de la justice, la mise en avant de l’Etat de droit sur une scène internationale reconnue et scrutée est déjà une juste victoire.