En route vers le 68e congrès de l’UIM à Lisbonne
Nous vous invitons à télécharger ici ou à feuilleter ci-dessous la 2e newsletter de l’année 2026 pour vous tenir informés des temps forts de l’Union internationale des magistrats et de ses groupes régionaux, notamment l’Association européenne des magistrats.
Rappel : L’USM est membre fondateur de l’union internationale des magistrats (IAJ-UIM), créée en 1953, qui réunit 94 associations nationales de magistrats sur les cinq continents, réparties en quatre groupes régionaux, dont l’association européenne des magistrats (AEM), qui compte 44 membres. L’UIM a pour mission principale de « sauvegarder l’indépendance du pouvoir judiciaire, condition essentielle de la fonction juridictionnelle et garantie des droits et libertés humains ». L’UIM dispose du statut d’observateur auprès de l’ONU et du Conseil de l’Europe, et entretient des liens privilégiés avec la rapporteure spéciale des Nations Unies pour l’indépendance des juges et des avocats.
Sommaire
- MEETING OF THE PRESIDENCY COMMITTEE IN ROME (June 2026) ………………………….….4
- MEETING OF THE EUROPEAN ASSOCIATION OF JUDGES – LUXEMBOURG (May 2026) ………5
- MEETING OF THE ANAO REGIONAL GROUP – ONLINE (May 2026)…………………………….….6
- MEETING OF THE AFRICAN REGIONAL GROUP – ONLINE (April 2026) ………………..…………7
- MEETING OF THE IBERO-AMERICAN GROUP – SANTO DOMINGO (May 2026)……………..……8
- RECENT ACTIVITIES AND INITIATIVES OF THE IAJ AND REGIONAL GROUPS…………….…….9
- RECENT CO-OPERATION WITH INTERNATIONAL BODIES………………..….………………..…..14
L’edito de Giacomo Oberto, secrétaire général de l’UIM :
« La première moitié de l’année en cours a apporté des évolutions majeures et encourageantes pour notre organisation, dont nombre seront relatées dans cette lettre d’information.
Je souhaiterais commencer par l’excellente nouvelle de la proposition, formulée par une éminente personnalité politique norvégienne et membre du Parlement de ce pays, visant à attribuer le prix Nobel de la paix à l’UIM (conjointement avec la Cour pénale internationale), en reconnaissance de l’importance du combat que notre organisation mène depuis 1953 pour préserver, partout dans le monde, le principe de l’indépendance de la justice en tant qu’exigence fondamentale de l’État de droit.
Cette proposition (indépendamment, bien entendu, de l’issue finale de la procédure de sélection du prix) doit être regardée à la lumière d’une autre initiative encourageante venue du Canada, où un projet de loi visant à faire du 11 janvier une journée consacrée à l’indépendance de la justice progresse actuellement dans le processus législatif. Cette date commémorerait désormais la célèbre « Marche des 1 000 robes », qui s’est tenue à Varsovie le 11 janvier 2020 grâce à une initiative fortement soutenue par l’UIM, et nous espérons qu’elle aboutira prochainement.
Le résultat du référendum organisé en Italie au mois de mars revêt également une grande importance. À cette occasion, un projet de réforme constitutionnelle visant à porter atteinte à l’indépendance de la magistrature italienne a été massivement rejeté par les électeurs. Ce résultat est intervenu à l’issue d’une campagne référendaire au cours de laquelle l’UIM et l’AEM ont fermement soutenu la position de l’association italienne, démontrant ainsi leur rayonnement international, dans le prolongement de l’action de la Rapporteure spéciale des Nations unies sur l’indépendance des juges et des avocats, qui est rapidement intervenue pour appuyer les positions de l’association italienne, de l’UIM et de l’AEM.
Tout cela s’est par ailleurs déroulé dans le cadre des excellentes relations que notre organisation entretient depuis longtemps avec le bureau actuellement dirigé par la professeure Margaret Satterthwaite, qui sera également présente à Lisbonne pour échanger avec les différentes associations membres de l’UIM souhaitant soumettre des questions relatives à leurs systèmes judiciaires respectifs.
Si ces événements, parmi beaucoup d’autres, nous remplissent de joie, je ne peux cependant dissimuler mes préoccupations face à un certain nombre de difficultés qui commencent à peser sur la vie de notre association.
Il suffit de mentionner, à titre d’exemple, que cette année, et pour la première fois depuis 1995, le Groupe régional africain n’a pas été en mesure d’organiser une réunion en présentiel sur le continent. Plusieurs invitations reçues par mon secrétariat, dont certaines m’étaient adressées personnellement, ont dû être déclinées avec un profond regret, bien qu’elles concernaient des événements internationaux d’une importance exceptionnelle. Cette situation résulte de l’insuffisance des ressources financières dont nous disposons pour répondre aux besoins toujours plus importants et urgents générés par l’évolution rapide du paysage judiciaire international, aggravée par une inflation persistante et croissante.
Mes appels répétés et pressants aux associations afin qu’elles proposent des solutions concrètes, notamment en identifiant des organismes internationaux ou nationaux susceptibles de satisfaire aux exigences d’indépendance et d’impartialité prévues à l’article 10, paragraphe 6, de notre Constitution, sont jusqu’à présent restés sans aucune réponse. Mais ce n’est pas tout. À cette difficulté s’ajoutent les retards considérables et les obstacles croissants rencontrés dans le paiement des cotisations annuelles par un nombre toujours plus important de membres.
La situation budgétaire actuelle nous rend extrêmement difficile le financement des missions sur le terrain destinées à soutenir les associations confrontées à des difficultés dans leurs relations avec les autorités de leur pays. Elle complique également notre participation aux réunions des associations nationales auxquelles nous sommes invités en qualité de représentants du Secrétariat général de l’UIM ou, parfois, du Comité de la présidence, ainsi que le financement des missions effectuées par les rapporteurs chargés d’examiner les demandes d’adhésion, entre autres.
Il est donc de mon devoir de signaler clairement le risque très réel que, si nous poursuivons sur cette voie, l’UIM puisse, sinon immédiatement, du moins à terme, se retrouver dans une situation de repli et d’isolement au niveau mondial. C’est pourquoi je renouvelle une fois encore mon appel sincère à toutes les associations membres afin qu’elles ne sous-estiment pas l’importance de cette question délicate.
Je terminerai en exprimant l’espoir que la réunion d’octobre à Lisbonne offrira, comme toujours, l’occasion d’échanges fructueux entre tous les membres et les différents organes qui composent notre grande organisation. »

