L’USM a écrit ce 3 juillet 2026 au ministre de la Justice (lire ici), avec copie au président de la République, pour l’alerter formellement de la multiplication des attaques ciblant les magistrats et les personnels judiciaires.
Les magistrats, du parquet comme du siège, sont légitimement inquiets de ces mises en cause médiatiques répétées, parfois prématurées ou cyniques, qui génèrent des réactions totalement désinhibées et souvent anonymes sur les réseaux sociaux. L’absence d’anonymisation des décisions mises sur l’open data peut également participer à cette dérive.
Dans un climat de tension médiatique, ces pratiques compromettent la sécurité des magistrats et des personnels judiciaires et fragilisent la confiance dans la justice, déjà mise à mal par des conditions d’exercice difficiles.
Ces attaques exposent les professionnels à des risques de :
- Cyberharcèlement, de menaces voire d’agressions,
- Profilage (notamment par des acteurs de la « Legal Tech » situés hors UE),
- Campagnes de dénigrement liées à l’exercice de leurs fonctions.
L’USM a demandé au ministre de :
- Rappeler publiquement l’engagement du Gouvernement à protéger les magistrats et personnels judiciaires ;
- Intervenir sans délai auprès des plateformes numériques pour faire retirer rapidement les contenus nominatifs ou identifiants participant à des campagnes de harcèlement ;
- Garantir la mise en œuvre de mesures de protection juridique et physique en cas de risques avérés ;
- Engager une réflexion sur l’équilibre entre liberté d’informer et sécurité des agents judiciaires.
L’indépendance de la justice, pierre angulaire de l’État de droit, dépend notamment de la protection effective de ses acteurs.
Cette action s’inscrit dans une démarche plus large pour renforcer la confiance des citoyens dans l’institution, via des moyens humains, techniques et juridiques adaptés.

