Nous avons pris connaissance du tract de nos collègues d’Unité Magistrats SNM-FO, adressé à tous via le RPVJ, et intitulé « Tribunal Judiciaire de Papeete : de la liberté de la presse … et de ses limites ».
Nous avons éprouvé de la gêne, puis de l’inquiétude face à ce choix de l’outrance.
Il nous semble très indélicat de mettre ainsi en cause, au pilori judiciaire, une collègue, en l’espèce la procureure du tribunal de première instance de Papeete, alors qu’une mission de l’IGJ sur le fonctionnement des parquets polynésiens débute.
Nous avons directement fait part ce jour et par courrier de notre embarras à Béatrice Brugère, secrétaire générale d’Unité Magistrats SNM-FO.
Il est inexact d’affirmer que le directeur des services judiciaires, puis une délégation du CSM, se sont déplacés à cause du management de cette cheffe de juridiction, qui en outre n’était pas en poste lors des inspections précédentes.
Il n’est pas dans notre pratique syndicale judiciaire de communiquer de cette façon alors que l’IGJ est saisie et mène ses investigations. Lorsque nous nous opposons à l’IGJ, nous le faisons dans le cadre de l’assistance des collègues, lors des auditions disciplinaires, ou à la barre du CSM.
Par principe, dans nos communiqués, nous ne cherchons pas à stigmatiser ou à pointer du doigt les actes ou le comportement de l’un ou de l’une de nos collègues identifiables. Nous refusons le jeu délétère des attaques personnelles qui dégrade l’image de l’institution dans son ensemble.
Nous attendons les conclusions de l’inspection de fonctionnement des parquets polynésiens avec intérêt et sérénité.
Concernant la liberté de la presse ou syndicale, nous laissons chacun d’entre vous les apprécier à l’aune de ses valeurs.
Les nôtres sont claires et connues de tous : apolitisme, défense de la profession et de nos adhérents, lutte pour l’indépendance de la Justice et pour une justice de qualité au service de nos concitoyens.
Tel est le combat que nous menons.

