Justice au bord de l’embolie : des réformes impossibles à absorber

17 avril 2026

Projet de réforme Justice criminelle et respect des victimes : l’UNSa Justice et l’USM alertent face aux conséquences de la réforme pénale.

Jean Cocteau a écrit : « le renoncement est l’élégance de la force ».

Dans une déclaration liminaire prononcée lors du CSA ministériel du 7 avril 2026, l’UNSa Justice et l’USM réagissent au mouvement national de grève des avocats déclenché après la présentation du projet de loi « Justice criminelle et respect des victimes ». Les deux organisations considèrent que la mobilisation actuelle découle directement d’un choix politique dont le Gouvernement doit assumer seul les conséquences.

Elles mettent en garde contre les effets d’une grève prolongée sur le fonctionnement de la justice : augmentation des stocks de dossiers, allongement des délais de jugement et aggravation de la saturation des juridictions. Elles soulignent également la nécessité de garantir que les magistrats et personnels puissent continuer à exercer leurs missions sans pression ni entrave.

L’UNSa Justice et l’USM dénoncent surtout, une fois de plus, le manque chronique de moyens humains et matériels de la justice française. Elles évoquent des magistrats et fonctionnaires épuisés, des audiences impossibles à tenir faute de moyens d’extraction des détenus, une justice civile fragilisée et un risque croissant d’engorgement des juridictions. Selon elles, le véritable enjeu réside dans le renforcement durable des effectifs, des infrastructures judiciaires, des moyens de transport sécurisés et des outils informatiques.

L’USM, en responsabilité et par pragmatisme, est prête à étudier toutes les pistes procéduralement et socialement acceptables. Mais elle propose de reporter en l’état la mise en œuvre de la procédure de « jugement des crimes reconnus », estimant que celle-ci ne répondra pas aux difficultés structurelles des juridictions criminelles. Elle appelle à privilégier des réformes pragmatiques et concertées, capables d’améliorer réellement le fonctionnement de la justice.

Vous trouverez (à télécharger ici et reproduite ci-dessous) notre déclaration liminaire lue le 7 avril 2026 en CSA ministériel, interpelant le ministre de la justice.

Rappel : L’USM siège en comité social d’administration ministériel (CSA M), le plus haut niveau du dialogue social regroupant toutes les directions, aux côtés de son partenaire UNSa-Justice.