Lutte contre la corruption en Europe : la newsletter du GRECO de juillet 2026

20 juillet 2026

Cette newsletter du GRECO (Groupe d’États contre la corruption du Conseil de l’Europe) de juillet 2026 (à lire ici ou ci-dessous) illustre à la fois le rôle croissant du GRECO dans l’élaboration des politiques publiques et la poursuite de ses activités de contrôle et d’évaluation des États membres :

  • Contribution du GRECO à la future stratégie anticorruption de l’Union européenne : Fort de plus de vingt-cinq années d’expérience en matière d’évaluation des dispositifs nationaux de prévention de la corruption, le GRECO a transmis à la Commission européenne une série de recommandations visant à renforcer l’efficacité de la future stratégie européenne. Il insiste notamment sur l’importance de la prévention, de la mise en œuvre effective des règles existantes, d’une approche fondée sur les risques et d’une meilleure articulation avec les normes internationales déjà en vigueur.
  • Rapport annuel 2025 du GRECO: Le GRECO y souligne le rôle essentiel des plus hauts responsables publics dans la promotion d’une culture d’intégrité et de tolérance zéro à l’égard de la corruption. Le rapport met en évidence les progrès réalisés dans les États membres mais également les difficultés persistantes concernant les conflits d’intérêts, la transparence des décisions publiques, l’encadrement des activités de lobbying et l’éthique des responsables politiques, des magistrats et des services répressifs.
  • Interventions publiques du président du GRECO, David Meyer : Celui-ci a rappelé que la prévention de la corruption constitue un élément central de la sécurité démocratique, notamment lors d’une conférence du Conseil de l’Europe consacrée à l’anticipation des risques pesant sur les démocraties européennes. Il est également intervenu au Forum GOVHR au Kazakhstan sur les enjeux d’intégrité dans l’administration publique à l’ère de l’intelligence artificielle et de la transformation numérique, soulignant que les outils technologiques ne sauraient remplacer les principes fondamentaux que sont l’éthique, la responsabilité et la transparence. Enfin, lors d’une conférence parlementaire à Riga, il a insisté sur les défis liés à l’éthique des élus, en particulier dans le contexte des réseaux sociaux et de la liberté d’expression.
  • Sixième cycle d’évaluation du GRECO consacré à la prévention de la corruption et à la promotion de l’intégrité au niveau infranational, c’est-à-dire au niveau des collectivités territoriales et des administrations locales : Des missions d’évaluation ont été conduites au Royaume-Uni, en Pologne, en Lettonie et aux Pays-Bas. Ces évaluations portent notamment sur les mécanismes de contrôle, la transparence de l’action publique locale, la gestion des conflits d’intérêts et les dispositifs de prévention de la corruption.
  • Principaux rapports publiés entre décembre 2025 et juillet 2026 : Ils concernent plusieurs pays dans le cadre des 3e, 4e, 5e et 6e cycles d’évaluation. La diversité des situations examinées montre que de nombreux États demeurent engagés dans des processus de conformité destinés à mettre en œuvre les recommandations émises par le GRECO. Les rapports traitent notamment de l’intégrité des gouvernements centraux, de l’éthique des parlementaires, de l’indépendance de la justice, du financement politique ainsi que des dispositifs de répression de la corruption.
  • Sélection récente de jurisprudence de la Cour européenne des droits de l’homme présentant un intérêt pour la communauté du GRECO : Plusieurs arrêts concernent l’indépendance de la justice, les procédures disciplinaires visant les magistrats, les garanties d’un procès équitable ou encore les dispositifs de contrôle de l’intégrité des fonctionnaires. Ces décisions rappellent que les politiques de lutte contre la corruption doivent toujours être conciliées avec le respect des droits fondamentaux et de l’État de droit.

Cette newsletter témoigne de trois priorités majeures du GRECO en 2026 :

  1. renforcer la prévention de la corruption et l’intégrité des responsables publics ;
  2. développer la transparence et le suivi des recommandations adressées aux États ;
  3. étendre le contrôle de l’intégrité aux niveaux territoriaux et locaux dans le cadre du sixième cycle d’évaluation.

L’ensemble reflète une approche de plus en plus centrée sur la prévention, la gouvernance éthique et la résilience démocratique face aux risques de corruption.