
Communiqué du 27 octobre 2010 (version pdf)
La Commission Européenne pour l'Efficacité de la Justice (CEPEJ) a dévoilé le 25 octobre 2010 son rapport comparatif sur les systèmes judiciaires européens.
Une fois de plus, le Ministère de la Justice s’est immédiatement félicité des « atouts du système judiciaire français » et a mis en avant une soit disant évolution notable du budget de la Justice, des résultats en matière d'informatisation des tribunaux et une meilleure capacité des tribunaux à rendre la justice. La Chancellerie, toute occupée à tirer de ce rapport quelques rares éléments positifs et à rappeler, contre toute logique, que la qualité d’une justice ne s’apprécie pas aux moyens qui lui sont alloués, oublie des réalités essentielles pourtant bien inquiétantes.
En effet, dans son rapport, la CEPEJ souligne que :
Ainsi, la France continue à régresser dans les classements européens. Les annonces budgétaires récentes, qui conduisent à une diminution du nombre de magistrats, ne pourront qu’aggraver cette situation.
L'USM dénonce depuis des années l’insuffisance criante des moyens accordés à la Justice. Rapport après rapport, la CEPEJ vient confirmer que le gouvernement français ne donne pas à la Justice française les moyens de fonctionner. L’USM constate avec intérêt qu’au-delà de l’auto satisfaction affichée, la CEPEJ relève que « la France note un effet de ciseaux sur le budget de la justice judiciaire, entre une évolution négative ou stagnante des crédits et une évolution croissante des besoins, qu'il s'agisse des personnels, des crédits de fonctionnement ou des frais de justice ».
Depuis le début de l'année 2010, l'USM a visité la quasi-totalité des juridictions métropolitaines. Elle a ainsi pu constater les difficultés auxquelles magistrats, fonctionnaires, collaborateurs de justice et justiciables sont confrontés quotidiennement en raison de l'indigence du système judiciaire français. Un bilan détaillé de ces visites, sous forme de livre blanc sera très prochainement publié. L’USM appelle d’ores et déjà le Ministre de la Justice à prendre la mesure de la crise humaine et financière que traverse la Justice française et à mettre en place un plan pluriannuel de rattrapage des retards accumulés depuis 20 ans.
Pour aller plus loin :
- le rapport complet : [p1 à 91] - [p92 à 175] - [p176 à 273] - [p274 à 422]