Communiqué du 9 septembre 2011 (version pdf)
C'est malheureusement sans surprise, mais à nouveau avec consternation que l'USM a pris connaissance de 2 articles complaisamment publiés ce jour par Le Figaro :
– le premier rapportant les propos du Préfet de Police de Paris sur la prétendue « mansuétude des juges » (l'article),
– le second révélant les soit-disant « vrais chiffres de l'exécution des peines » (l'article).
Au delà de l'antienne populiste sur le laxisme des juges, non confirmé par la moindre étude statistique sérieuse, il apparaît surtout que les habituels donneurs de leçons oublient que les magistrats ne font qu'appliquer la loi.
Ce ne sont pas les magistrats mais les parlementaires, y compris ceux qui les critiquent aujourd'hui, qui ont voté les lois sur les crédits de réduction de peine, le caractère exceptionnel du recours à l'emprisonnement ferme (qui doit être désormais spécialement motivé), l'obligation d'aménager toute peine d'emprisonnement ferme inférieure ou égale à deux années, ou l'incitation à la libération 4 mois avant la fin de la peine.
Ce ne sont pas les magistrats mais les Gardes des Sceaux successifs qui n'ont de cesse de diffuser des circulaires appelant à aménager des peines, à développer semi-libertés et placements sous surveillance électronique.
Ces attaques, répétées, contre le présumé laxisme des juges, n'ont pour seule raison que de trouver un bouc-émissaire facile à la persistance de phénomènes de délinquance que le gouvernement, refusant de donner à la Justice les moyens de fonctionner, semble en peine de juguler.
L'USM demande instamment au Garde des Sceaux, comme l'a fait ce jour le Premier Président de la Cour d'Appel de Paris par courrier au Préfet de Police de Paris, de rétablir la vérité de ces chiffres et d'apporter son plein et entier soutien aux magistrats français.